Lalasaïdko – Le graffiti en douceur

12/10/2016

Acidulée. C’est un mot qui semble coller à la peau de Lalasaïdko. Illustratrice, graffiti artiste, couturière, créatrice, imaginative, décoratrice, architecte de mondes imaginaires, que sais-je encore… Une fraîcheur à la française, un sourire qu’on ne saurait oublier. La vingtaine, parisienne, étonnante. Comme un fruit que l’on croque en pleine journée de canicule, les fresques de Lalasaïdko donnent un petit goût de printemps dans la bouche.

Les visages que l’on peut croiser à travers ses graffitis semblent tout à fait amicaux, on a envie de les rencontrer. On a envie qu’ils nous racontent comment Lalasaïdko se retrouve dans toutes ses couleurs pastels, comment elle arrive à les assembler sans tomber dans le “trop”, le “pas assez”, ou le “à côté”.

On voudrait qu’ils nous révèlent les secrets de ces illustrations tout en légèreté, hors de toute loi de la gravité. On imagine une femme douce, jamais adulte, ou adulte comme on n’en connaît pas. On espère une imagination aussi large et foisonnante que son champ de réalisation graphique. On pense à une sensibilité et un humour comme on en croise peu.

Son esprit n’a sans doute pas de barrières, comme sa création qui s’étend sur de multiples supports (murs, papier, vinyles, terre, tissu, stickers, multimédia… et j’en passe). Elle s’adapte, Lalasaïdko. Plutôt “couteau suisse” que “couteau de boucher”, elle représente une génération touche-à-tout qui aime se perdre là où leur cœur les emmène aveuglément. Et quoi de plus beau que d’être une jeune pleine d’idées avec de l’électricité créatrice au bout des doigts ?

Une mère illustratrice, un père photographe, un amoureux graffeur… Ça ne parait pas vraiment étonnant que Lalasaïdko soit animée par un tel besoin de créer. C’est un réel monde à part entière qui se construit sous ses mains. Des personnages, des situations, leurs propres couleurs et codes physiques. Au final, plus que de simplement les dessiner, elle leur donne vie. On aurait envie de leur attribuer des caractères, des noms, des goûts et des couleurs.

Entre histoire d’illustration, histoire du Japon (univers qui inspire fortement notre artiste, comme elle le laisse deviner), et histoire d’amour, Lalasaïdko nous emmène dans une atmosphère féminine mais toujours assez agressive pour attirer l’œil sur le mur. Bebar, son copain, aura été celui qui l’a poussé à passer du croquis au graffiti, celui qui l’a aidé à projeter dans des fresques des figures qui n’arrivaient plus à se contenter d’un carnet à dessin.

Et leurs deux mondes se repoussent et s’attirent, se ressemblent et se contredisent. Mais après tout, pourquoi pas ? Comme il est agréable de se confronter au mystère de ce que l’on n’est pas. Comme il parait génial de voir se rencontrer des royaumes qui ne demandent qu’à s’enrichir l’un de l’autre.

L’esprit ouvert, l’œil curieux, le sourire espiègle, Lalasaïdko incarne tout ce que peut représenter l’esprit artistique en ébullition d’une génération nouvelle et prometteuse. Et ce n’est surement pas pour nous déplaire. On voudrait qu’elle expérimente encore, découvre toujours, et nous fasse partager comme aujourd’hui tout ce qui l’interpelle. A travers son regard féminin et minutieux, on aime se perdre dans les douces couleurs qui semblent peupler son imaginaire.

Facebook : LALASAIDKO

Instagram : lalasaidko

Site : http://lalasaidko.blogspot.fr/

Tumblr : http://lalasaidko.tumblr.com/

Je veux voir ça demain

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Par Clémentine Pons

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"Pain sur table n'a pas de maître"

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