David Ferreira – Et les sens frétillent

14/10/2016

David Ferreira est peintre. Mais pas de ces peintres qui peignent entre les lignes, qui colorisent sagement et mesurent leurs gestes. Il est de ceux qui s’expriment pour de vrai, qui se libèrent, qui ne se contiennent plus, qui laissent jouer leurs sens entre eux.

Artiste né, sans doute, il se berce déjà tout jeune d’illusions créatives, s’installe dans un monde artistique qui lui est propre. Et même à travers son parcours professionnel de géomètre (aussi surprenant soit-il), le dessin n’a jamais cessé de peupler son imagination.

A 20 ans, le jeune homme se lance réellement dans la création et réussit à interpeller les esprits. Cinq ans plus tard, il quitte vraiment son travail de géomètre pour se consacrer pleinement à l’art.

Fortement marqué d’influence naïves, les toiles de David Ferreira oscillent entre dessin frénétique et équilibre des couleurs. Il y a quelque chose de bestial, d’instinctif, de primitif, de presque sauvage. Le mouvement ne laisse pas de doute.

Entre peinture à l’huile, acrylique, Posca, bombe et vernis ; au couteau, à la truelle ou avec les mains… Ses peintures sont plus que des images, elles deviennent de la matière, travaillées comme telles. Plus qu’une recherche picturale à proprement parler, c’est le relief et de multiples sens qui sont sollicités ici.

De manière plutôt évidente, la couleur fait tout de même partie du grand questionnement qui entoure l’art de David Ferreira. Il associe même une couleur à chaque événement marquant de sa vie, à des moments, des souvenirs. Alors, au carrefour des différents sens, il semble pouvoir constituer une figure de la synesthésie, là où l’appareil sensitif se brouille, se trouble, et tout se mélange.

Une autre vision des choses, une vision plus libre, plus désinvolte, s’offre alors à nous. Moins pragmatique, plus sulfureux, peut-être. Une éruption sensorielle, un surgissement soudain de formes, couleurs, visages en constante évolution et même de mouvements. Une réelle explosion de personnalité, en somme.

Et, pour notre plus grand bonheur, ce fan de Toto ne reste pas cloîtré dans son atelier. On a déjà pu le croiser à différentes foires et autres salons à Strasbourg, Amsterdam ou encore Bruxelles. On peut encore et toujours le voir à Paris (Colorfield Gallery), Bordeaux (Galerie Bouillon d’Art), et Saint-Raphaël (Art Life Gallery), puis il a aussi fait un petit détour par New-York, à l’Affordable Art Fair, content comme un enfant qui réalise son rêve.

Mais toutes ces visites et résidences ne sont que des détails dans le fourmillement et la vivacité qui caractérise sa création. David Ferreira, cet hyperactif de la peinture, s’inscrit dans une sorte de bourgeonnement de l’art naïf contemporain. Un Toto des temps modernes. Un mélange des sens et des perceptions. Une peinture en perpétuelle évolution sensitive. Une image de la matière, et une matière de l’image.

Facebook : David Ferreira artiste peintre

Instagram : David Ferreira

Site : http://www.davidferreira.fr/

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Par Clémentine Pons

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"Pain sur table n'a pas de maître"

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