Moyoshi – Le paradoxe urbain

25/10/2016

Moyoshi artiste

Artiste autodidacte, Parisien d’adoption, entre graphisme et graffiti, entre le papier et l’asphalte. Artiste multi-supports alors, qui choisit la rue comme atelier. Amoureux du macadam comme du crayon, de l’éphémère pourquoi pas, du plus pérenne parfois.

Moyoshi fait partie de cette génération d’artistes qui inspirent leur génération et que La Salopette affectionne particulièrement. A travers les ateliers, les carnets de croquis, les boulevards, sur les pavés, dans les ruelles, sur les avenues, dans les allées, sur les trottoirs, les chemins, la chaussée, Moyoshi t’embarque.

Moyoshi artiste urbain street art

Au cœur de son travail se revendique les thèmes de la nature, des animaux, de la végétation. Et on aime le paradoxe d’animer ces motifs au sein d’un univers tel que la rue, de leur donner une forme à travers la sphère urbaine. Un point commun cependant qui nous pousse à croire Moyoshi lorsqu’il fait le lien entre la nature et la ville : le caractère éphémère de la création artistique urbaine et celui de l’environnement naturel, jamais figé, toujours incertain.

Cette force qui fait que tout élément du monde finit par se plier aux exigences du temps et de l’espace. Que rien n’est dissocié, tout fonctionne dans la même harmonie, tout s’étire, s’emballe ensemble, puisque ce que tout fait partie de la même nature, du même cadre.

Moyoshi artiste street art art urbain

L’environnement extérieur fait alors partie intégrante de l’œuvre et entre en interaction directe avec elle. La création doit s’adapter au lieu, à son support, et non plus l’inverse. C’est ça qui est nouveau. L’œuvre et son milieu ne font plus qu’un, le lieu n’est plus seulement un lieu, il est un élément fondamental qui permet à l’œuvre de devenir œuvre. L’art évolue donc à travers ses contraintes et se sert de celles-ci pour prendre vie.

Et on a envie de croire Moyoshi quand il affirme que la nature reprendra ses droits. On a envie de le croire quand, à travers ses dessins, ses fresques, on aperçoit cette même nature comme maitresse encore des lieux que l’homme a essayé de maitriser.

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Et à coté de ce mode créatif attaché à la rue, le travail sur papier est moins rapide, plus détaillé, on sent qu’il a fallu plus de temps, que le support demande plus de temps, plus d’attention peut-être, une perte de contrôle corporelle moins importante. Parce que c’est un support que l’on prend le temps de regarder, qu’on ne traverse pas comme on traverse la rue.

Pour apprécier une œuvre sur papier, il nous faut poser notre esprit et accepter d’intellectualiser davantage. Pour apprécier une œuvre dans la rue, on doit peut-être se laisser imprégner « malgré nous ». On doit se laisser pénétrer en acceptant l’éventualité de ne plus contrôler nos émotions, de faire intervenir intensément des sentiments qui nous sont extérieurs. Le mur nous confronte, le papier nous laisse entrer.

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C’est à cet endroit même que semble se trouver la différence entre ces deux modes de créations : le spectateur ne passera pas par le même processus pour écouter ce qu’on lui donne à entendre.

Moyoshi arrive tout de même à mêler les deux conceptions en faisant littéralement de la rue son atelier, en dégageant une partie de la fresque qu’il réalise sur un mur. Avant de commencer son travail de graffiti, il dispose une toile qu’il extirpera ensuite de l’œuvre de base pour la faire exister en tant que fragment, indépendante mais dans un certain « tout pictural », tableau moins monumental, tableau qui sera ensuite exposé dans une galerie, extrait de son contexte. La rue devient le lieu d’exposition, l’œuvre, mais aussi le lieu de création : l’atelier. Moyoshi est chez lui, et il explore encore.

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Il se place alors comme utilisateur de multiples supports, mais aussi de multiples médiums et techniques : papier, fresque, craie (qui pose la question de la légalité du graffiti sous une forme nouvelle), bombe, etc.

Il convoque aussi une multitude de thèmes, même s’il se revendique presque toujours dans un univers naturel qui fait graviter la faune, la flore et la ville. Il s’attarde entre le figuratif et l’abstrait, dans le mouvement, toujours, et le dynamisme graphique. Il invite constamment des formes qui semblent évolutives, non-figées.

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On retrouve chez Moyoshi à travers ces différents supports médiums, un style extrêmement dynamique et rythmé, un gout certain pour les motifs qui vont même devenir sa marque de fabrique.

Chez La Salopette, on adore. On adore les artistes qui arrivent à construire leur identité à travers des modes de création nouveaux (ou pas !), ces mêmes artistes qui questionnent toujours plus leur pratique et l’univers dans lequel ils évoluent artistiquement et personnellement. Ceux, comme Moyoshi, qui se servent de tout ce qui les entoure pour faire éclater les modes conventionnels de représentation.

Site : http://www.moyoshi.com/

Facebook : Moyoshi

Instagram : https://www.instagram.com/moyoshi_dans_la_rue/

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Par Clémentine Pons

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"Pain sur table n'a pas de maître"

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