Gueule de bois

11/06/2015

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Chers lecteurs en salopette, Aujourd’hui, on parle de style et d’intérieur !

Leur nom va beaucoup vous plaire ! Alors jouons un peu, et devinons-le ! Mon premier désigne le faciès, Mon second est une matière noble et naturelle. Mon tout est un supplice que l’on s’inflige tout le week-end, OU une toute nouvelle marque de meubles :

Gueule de bois !

Tadadada !

Mais puisqu’il est question de faciès, je laisse la parole aux créateurs, Emmanuel & Ludovic !

Let’s go !

Commençons par une question « classique », Pourquoi avoir choisi « Gueule de Bois » comme nom de marque ? Est-ce justement comme vous le dites car vous faites des meubles en bois qui ont de la Gueule ?

Emmanuel : (Rire) Oui, peut-être… chacun a son interprétation. En fait, c’était naturel et logique dès le départ ! Le monde du design est pour nous trop monotone et trop bridé. En se promenant dans les allées du salon Maison&Objet à Paris, nous n’avons retenu aucun nom.

Ludovic : On nous a souvent dit que c’était un petit peu risqué, surtout dans le monde du design. Mais c’était trop tard, on avait trouvé ce nom. Il marque, il nous correspond et nous ressemble. On fabrique des meubles français, on voulait donc une expression typiquement française. On a déjà essayé de traduire Gueule de Bois à des étrangers, c’est assez complexe, ça donne de la valeur au nom je trouve.

Comment vous êtes-vous rencontrés ? Quels sont vos rôles au sein de Gueule de Bois ? Avez-vous une anecdote marrante sur votre collaboration ?

Emmanuel : Nous nous sommes rencontrés sur les tables en bois mal fichues de l’école primaire. Malgré les déménagements et l’adolescence, nous sommes toujours restés en contact. Ça nous a permis de toujours nous retrouver et de faire la fête.

Ludovic : C’est vrai qu’on se connaît depuis 16 ans, on en a 24 aujourd’hui et ça fait seulement 2 ans qu’on a pensé à un projet commun. Chacun a pris un chemin différent depuis l’école primaire Sainte Bernadette. Emmanuel s’est tourné vers le commerce, et l’entrepreneuriat, moi j’ai toujours été attiré par l’architecture et le design. On a donc deux rôles bien définis dans le projet. Cela n’empêche pas que les décisions soient toutes prises en commun.

Une anecdote marrante… voyons voir… Il y a peut être l’anniversaire d’Emmanuel. Le lendemain, on avait un rendez vous important, on est resté pro mais nous n’avons jamais été aussi « corporate ».

Emmanuel : (Rire) Oui l’esprit d’entreprise, c’est ça que nous souhaitons à Gueule de Bois.

Gueule de bois propose du mobilier exclusivement en bois, d’où vient ce choix ? Pensez-vous inclure d’autres matériaux à terme ?

Ludovic : J’ai toujours eu une affection pour le bois, mon père, architecte, fabriquait à une période des maisons en bois et je trouvais ça chouette. J’ai beaucoup joué aux Kapla quand j’étais enfant et j’ai toujours aimé bricoler le bois. Quand j’étais ado, je fabriquais des rampes de skate dans mon jardin. En grandissant, je me suis intéressé au bois d’une façon professionnelle. J’ai réalisé des stages dans des menuiseries, je fabriquais des meubles pour moi et pour des amis.

Même si le bois sera toujours le matériau dominant de nos projets, c’est toujours intéressant de le confronter à différents matériaux, au métal par exemple, et pourquoi pas un peu de cuir en 2016…

Emmanuel : D’un point de vue personnel, le bois fait partie de l’histoire familiale. Mon Grand-Père était menuisier et réalisait des meubles en bois. J’ai toujours baigné dans le bois.

Tant qu’on en parle, le mobilier, pour Gueule de Bois, ça commence où et ça finit où ?

Emmanuel : Nous avons 10 meubles aujourd’hui : Des tables hautes et basses, des rangements, des étagères et des assises. Le but est de réaliser des collections de 10 meubles. Chacun de ces meubles à un nom de cépage. Ça fait un joli clin d’œil à Gueule de Bois et il existe 1500 cépages à travers le monde. Cela nous laisse le temps de faire quelques collections…

Ludovic : L’idée est de faire une collection par an, c’est ambitieux mais ca permet d’expérimenter, de tenter des trucs. L’idée globale est de faire des meubles simples, bruts et au service du bois. On essaye de travailler avec les possibilités structurelles du bois, ses différents assemblages. On essaye de penser le meuble pour la vie de tous les jours en gardant l’aspect esthétique. Le bois vit et bouge, ce qui apporte pleins de contraintes intéressantes à travailler, à cultiver ou à éviter.

Quels sont vos produits phares ?

Ludovic : Pour ma part, les produits les plus intéressants sont Gamay, Idéal et Arbois. La table Gamay est une table que j’ai dessinée bien avant le projet Gueule de Bois, elle a traversé beaucoup d’étapes dans ca conception et a abouti aujourd’hui à un résultat que j’affectionne particulièrement. Les modules de rangement Ideal sont vraiment forts dans leurs formes. Je les ai dessinés assez intuitivement. La fabrication était beaucoup plus complexe mais c’est quelque peu jouissif de réussir à pallier tous les problèmes un par un et d’aboutir à un meuble qui, d’après les retours de notre boutique éphémère, est vraiment apprécié. Enfin Arbois, parce que c’est une table extrêmement simple qui met le bois en valeur et qui est un exercice structurel super intéressant. Le vernissage et les retours que l’on a reçus depuis un mois mettent aussi ces meubles en tête de notre collection.

Quelles sont les valeurs de Gueule de bois ?

Emmanuel : Je ne sais pas s’il on peut appeler ça des valeurs. Concrètement nous avons fait les choses selon nos envies. Le « Made in France» était une envie de renouer avec l’artisanat français. C’est un pari ambitieux mais nous allons y arriver.

Ludovic : Evidemment, il y a aussi le bois, les différentes façons de le travailler. On essaye de faire les choses simplement et de bien faire la part des choses entre ce qui est de l’ordre de l’ornementation, et ce qui est de l’ordre de la technique, de la texture ou de l’assemblage. Par cette simplicité, on essaye de ne pas rentrer dans les tendances actuelles. On aimerait pouvoir se dire que nos meubles fonctionnent aujourd’hui, qu’ils auraient aussi fonctionné il y a 50 ans, et qu’ils fonctionneront dans 50 ans.

Vous arborez des designs épurés et parfois complexes, est-ce votre signature, ou seulement le thème d’une collection ? Quelles sont vos influences ?

Ludovic : Non ce n’est pas le thème d’une collection, je pense sincèrement que faire simple est la meilleure intention qui puisse être. Et tout le monde le sait, faire simple, c’est compliqué. Donc, j’aimerais pouvoir dire que mettre la complexité au service de la simplicité soit la signature de Gueule de Bois.

Mes influences raisonnent par rapport à cela. Elles se situent principalement dans le design des avant-gardes du XXème siècle avec des designers et des architectes du mouvement De Stijl comme Rietveld par exemple ou alors des artistes minimalistes comme Sol Lewitt, Donald Judd ou Robert Morris.

Sur combien de projets/créations travaillez-vous en ce moment ? Quel est le délai d’attente lorsqu’une commande est effectuée ?

Ludovic : En ce moment je commence à réfléchir à la collection 2016. J’ai déjà des pistes, des choses que j’aimerais tenter. Je pense qu’on va essayer de faire plus d’assises, avec quelques matériaux qui varient…

Emmanuel : Lorsqu’une commande est effectuée il y’a un mois et demi de délai. Transport inclus. Oui, Gueule de Bois se transporte bien.

Quelle est votre gamme de prix et où peut-on vous trouver afin de se meubler avec Gueule de bois ?

Emmanuel : Nos prix, toutes taxes comprises et livraisons incluses varient entre 600 et 3600 euros. Les prix sont justifiables. Nos marges sont peu élevées. La matière première est noble. Le bois coûte cher et la fabrication est entièrement française. Nous avons la chance de pouvoir contrôler de la chaine de production jusqu’à la livraison, avec des entreprises proches de notre région d’origine, c’est une réelle chance.

Pour l’instant, nous sommes uniquement sur internet mais nous sommes en discussion avec plusieurs revendeurs Parisiens mais aussi Nantais et Bordelais.

Quel est votre prochain challenge ?

Emmanuel : Je pense qu’il n’y a pas un challenge à venir mais de très nombreux challenges. Il ne faut pas qu’on soit Bouchonné alors il va falloir toujours s’adapter, changer, évoluer et éviter de se tromper dans nos choix. Un bon vin est meilleur lorsqu’il a pris de l’âge alors nous aussi, on veut être meilleur, le challenge serait de durer le plus longtemps possible.

Ludovic : Pour moi le challenge, il est dans un premier temps de réussir à mettre en place un fonctionnement d’entreprise qui permette de prendre des risques et de se confronter à des échelles différentes, dans le design, mais aussi dans l’entreprise. Je pense qu’avec Emmanuel, on aimerait bien créer une entreprise « comme nous », une entreprise philanthropique.

Et donc qu’est-ce que l’on pourrait vous souhaiter de meilleur ?

Emmanuel : Gueule de Bois pour tout le monde !

Un merci en bois massif !

Les amis, n’hésitez pas à consulter leur très joli site, et à les suivre sur nos réseaux sociaux adorés, comme ça vous pourrez vous vanter de les avoir connus avant qu’ils soient COOL. Mais il faudra faire vite, car ils ont déjà eu leur petite parution chez Libé (toi-même tu peux checker, dans les actus de leur site) !

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Je veux voir ça demain

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Par La Salopette

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