K-LY – Rappeur différenciateur

17/11/2015

 

Cet article s’écoute en musique, à bon entendeur !

Vous entendrez partout, dans tous les médias, les mêmes sons, les mêmes noms de la scène du Rap Français. Même si les styles sont différents, globalement les radios et les magasines parlent toujours des mêmes. Pourtant la France est grande et elle a beaucoup à nous donner. Notamment en talent ! Partout, des jeunes rappeurs tentent de percer, de se faire un nom au milieu des Booba, Kaaris et autres Nekfeu. Mettons de côté une seconde « les grands de ce monde » pour nous concentrer sur ceux qui vivent dans l’ombre mais qui méritent la lumière.

K-Ly. Cet ancien étudiant en Art a décidé un jour de se lancer dans le grand bain comme on dit ! Sa formule ? Un Rap qui passe et s’adapte à tous les styles. Des lyrics engagés, un flow posé autant fait pour la Trap que pour le Hip-Hop plus classique. En bref, K-Ly est un rappeur qui propose un univers différent et multi facettes. Et vous allez aimer le découvrir.

Celui qui ne bande plus en écoutant du rap français est pourtant là pour provoquer des érections créatives. La suite ? C’est lui qui nous la raconte.

Tout d’abord présente toi aux lecteurs de La Salopette

K-LY, rappeur, ex-étudiant en art membre du groupe RVNHD et père fondateur du label Higher Music Group.

Qu’est ce qui t’as poussé à devenir Rappeur ?

Tout d’abord mon grand frère Chil-P qui était backeur de Busta Flex. Mais aussi et surtout lors d’un voyage en Angleterre en 2004, je suis tombé sur le clip « Can Get No Better » de Cassidy qui alliait rap et musicalité. La formule m’a donné envie de me lancer.

Rentrons dans le vif du sujet. Musicalement, quand on écoute ta musique, on passe par beaucoup de styles : Hip Hop, Rap plus actuel avec un peu de vocodeur. On flirte même avec la Trap. C’est une volonté de ta part ?

Je marche au feeling ! Il m’arrive de composer des titres festifs et d’autres plus sombres. Le genre musical m’importe peu. Par exemple, les quatre titres qui composent mon EP « SUPERFLAT » ont été composés à des périodes différentes de ma vie. Chaque titre reflète l’état dans lequel je me trouvais quand il a été réalisé.

Si tu devais définir ton style ?

Du hip-hop éclectique. Du rap humain ! De la musique libre. Un truc du genre.

Parlons lyrics maintenant. Dans ton EP, tu évoques des sujets d’actualité mais aussi ta vision du RAP. Le morceau Douce France, notamment, est parlant ! Faire passer des messages via ton RAP est une mission primordiale que tu t’es donné ?

Pas du tout ! Comme je vous l’ai dit précédemment, j’écris en fonction de mon humeur. J’ai écrit le morceau « Douce France » le lendemain des attentats de Charlie Hebdo. J’ai beaucoup été affecté par cela sans pour autant le montrer. Le meilleur moyen pour moi d’évacuer ce que j’avais en tête à ce moment était d’en faire un titre.

Extrait de Douce France : « Dans ce pays j’ai pu constater que la liberté d’expression est limitée ». Quand on voit le climat d’aujourd’hui, quel regard portes-tu sur la France ?

J’aime la France. Je n’ai pas honte de le dire ! J’y suis né, j’y ai rencontré mes amis, ma petite amie, j’y ai fait mes études etc. Cependant en voyant que les propos que tiennent certains politiques et autres personnages médiatiques dans les médias sont minimisés, la montée du FN ou encore l’intolérance de certains policiers, qui n’hésitent pas à me contrôler au petit matin en tenant des propos racistes, je me dis que j’aime ce pays d’un amour à sens unique. Je pense que les médias ont une part de responsabilité dans le climat qui règne en France.

« Les strass et les paillettes ne m’attirent plus. Quand j’écoute du rap Français je ne bande plus ». Cette phrase m’a fait sourire. Tu m’expliques un peu ?

Dès mon enfance, j’ai été bercé par le rap. Enfant, j’enregistrais des compilations sur cassette de mes rappeurs favoris. Chaque artiste avait son univers, décrivait sa réalité ou me faisait simplement rire ! Seulement avec le temps, l’ambiance s’est dégradée. Les rappeurs se prennent de plus en plus au sérieux et ne prennent plus de risques artistiquement parlant. Du coup on se retrouve avec 80% d’albums similaires et 20% d’album originaux. C’est dommage. Je ne me reconnais plus dans le discours du rap français actuel.

Aujourd’hui, avec les têtes d’affiche dans le RAP Français, est ce difficile de se faire un nom ? T’encouragerais un jeune à se lancer dans le Rap Game ?

L’arrivée d’Internet a multiplié le nombre de rappeurs. Pour se faire un nom, il faut se démarquer, parler au plus grand nombre et surtout que le public puisse s’identifier aux propos tenus. Après tous cela, il faut que les auditeurs trouvent ta musique. Si l’on ne s’y connaît pas un minimum, c’est quasiment impossible ! Le conseil que je donnerais à un jeune rappeur serait « accroche toi mon pote, car c’est beaucoup moins évident qu’il n’y paraît ».

Qui sont les rappeurs qui t’ont inspiré ?

Keith Murray, Cassidy, Redman & Kanye West !

Tu dois partir sur une île déserte ou sur Mars. Tu dois emmener qu’un seul CD avec toi. Lequel tu embarques ?

« Late Registration » de Kanye West !

La suite après ton EP Superflat ?

Si le public m’encourage peut être une réédition de « SUPERFLAT », sinon le EP « QWERTY » de mon groupe RVNHD (se prononce Rêve en HD) qui est quasiment fini ! Nous serons d’ailleurs en live à la Boule Noire le 28/11 prochain.

Facebook : https://www.facebook.com/KLYMP3/

Soundcloud : https://soundcloud.com/klymp3

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Par Thibaut Ricadat‏

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