Berlin, le punk est mort, vive le punk

16/05/2017

Berlin n’a plus à prouver son statut de paradis des artistes, sa scène alternative fourmille de talents confirmés ou en devenir. Krousky fait partie de ceux qui ont trouvé leur public en puisant sa matière dans les entrailles infernales de la capitale allemande.

On le livrerait au diable sans confessions et pour cause, la première vision de l’œuvre et du personnage Krousky aurait de quoi en déstabiliser plus d’un. Transgression de tout ordre, témoignage d’une époque décadente, rituels crissants, crispants, dégoulinants, l’œil que pose le photographe sur une scène punk rock encore bouillonnante est aussi aiguisé qu’inspiré.

Evoluant dans l’un des derniers sanctuaires de la communauté composée de Robinson naufragés du monde entier venus participer au grouillement, il s’oppose et fait prendre la pose en contrepied à la tonitruante iconographie techno qui finit par tomber dans le lieu commun, nombre de codes transversaux néanmoins.

L’un des derniers sanctuaires punk…

Qu’on soit curieux ou habitué de la subculture berlinoise, qu’on les recherche ou qu’on les percute en plein vol instagramique, on ne peut rester stoïque face aux clichés sulfureux et encore moins face à la gueule du dijonnais exilé dans la nouvelle Babylone depuis 2014 :

 » En France, mon physique faisait fuir, je me sentais en permanence montré du doigt et pas toujours apprécié, je n’y retournerai pour rien au monde, ici j’attire des gens qui me suivent et m’aident à avancer, mon apparence est devenue un outils de relations publiques  » me confie-t-il …  Enfin, je vois surtout que niveau meuf il n’est pas non plus en reste.

Passer outre scarifications et tatouages faciaux…

Cinq minutes de discussions suffisent à passer outre scarifications et tatouages faciaux pour vous éclairer sur une vision qui fait sens, spirituellement et physiquement ! Krousky est dans l’expérimentation perpétuelle, l’hédonisme à l’état pur :  » la vie est faite pour être vécue avec exagération, si tu ne la baises pas, c’est elle qui s’en charge !  »

Son bonheur irradie et ses grands yeux d’enfant s’illuminent au récit de ses dernières aventures urbaines. A son tableau de chasse, un documentaire avec le National Geographic et nombre de rencontres dont il parle fièrement, toujours avec une humilité attendrissante et non feinte.

Pas un téton qui dépasse, sa pâte bien que distinctive n’est pas sans rappeler l’univers des pin-up d’Eric Stanton ou encore celui d’Irving Klaw inspiré dans les années 50 par son illustre muse Bettie Page. Aujourd’hui seuls quelques groupes tels que Die Antwoord réussissent à proposer une telle iconographie à une échelle proche du mainstream car le style reste clivant.

 

Rencontre intime avec Cypress Hill…

Nous redescendons le pont de Warshauerstrasse en direction de l’East Side Gallery pendant qu’il me raconte sa rencontre intime avec Cypress Hill et sa prochaine tournée avec un groupe de rock. Il n’a pas changé depuis notre shooting sur les toits de Scherer, un « punk project »  (entendez squat légal )  qui nous servait d’abris au printemps dernier. Puis nous parlons de sa dernière muse dont plus aucune photo n’apparaît sur son profil, quelques divergences, une disparition orchestrée ?

Je n’ose en demander plus ! En vérité, ils ont simplement du rompre. En tout cas sa nouvelle muse fait aussi bien l’affaire, encore une barbie punk allemande… Plus classique, dirai-je. Sacristi, j’espère qu’elle ne lira jamais ça !

Anna-Teresa n’a pas le blanc des yeux tatoués comme son ex, mais classique est évidemment inapproprié et au combien insultant, car dans l’univers Krousky tout est dans l’outrance et l’outrage et pourtant au milieu de cet amas de chair percée, grattée, saignée, suspendue, ligotée, un paradoxe : Krousky est végan et ne consomme que de la chère numérisée, qui l’eut cru !

Facebook : Krousky

Instagram: krousky

Je veux voir ça demain

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Par Johannes Cartwright

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"J'exagère juste pour que tu comprennes, mais à peine"

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