Le carnet de croquis de Karolina Koryl

31/10/2017

Des visages qu’on croit connaitre, ceux qu’on imagine, ceux qu’on fantasme, ceux dont on rêve. Entre le rire et les larmes, l’obscurité et la lumière, Karolina Koryl bascule toujours. Comme suspendus dans un monde qui n’existera jamais mais qu’on ne peut pas ignorer, les visages qui naissent de sa main s’inscriront dans ta mémoire comme autant de regards indéchiffrables.

Au fil des photos, tu te sens comme embarqué dans ce joli bateau qu’est son carnet de croquis. Comme un voyage au cœur d’un imaginaire qui a pourtant un petit goût de quotidien, tu verras les aventures se succéder. Et tes yeux seront de plus en plus curieux.

La vingtaine, étudiante aux beaux-arts de Katowice en Pologne, des idées plein la tête et une beauté à faire griller les cœurs sur place, Karolina Koryl crée depuis plusieurs années un univers visuel bien délimité mais toujours ouvert.

Elle semble se nourrir d’une multitude d’outils impressionnante : du crayon de couleur à l’aquarelle en passant par le simple stylo, elle donne toujours au trait une qualité supplémentaire. Dans ses personnages se dessinent des mondes entiers qui ne cherchent qu’à te dépayser davantage. Dans les corps désarticulés, colorés, ré-imaginés se nichent des humanités nouvelles qui ne demandent qu’à être découvertes.

Parfois c’est la douleur qui donne un sens au dessin. Là où l’image te fait mal se trouvent de nouvelles questions. Sous les larmes des yeux parfois sans visage se cache une nouvelle partie de toi. Parfois, la joie n’est plus si claire, l’humain non plus. Les formes ne font que suggérer, et ton esprit se charge de recoller les morceaux, puis de comprendre.

Bien sûr, il ne faut jamais oublier ta part de subjectivité qui fait de l’œuvre ce qu’elle devient. Ce qui prédomine dans le travail de Karolina Koryl, c’est sa capacité à toujours s’inscrire dans une ambiguïté intrigante. Le brouillard sur l’illustration ne se lèvera que lorsque tu y auras trouvé ton propre sens. Chaque œuvre est unique, mais aussi et surtout équivoque. Au cœur du doute le tracé se révèle et te laisse la liberté nécessaire pour en faire une expérience toujours plus personnelle.

Mais l’énigme ne se limite pas à ces visages et à ces corps singuliers. Et lorsque Karolina s’éloigne de la figuration, le mystère s’épaissit. Tu verras, les peintures soulèveront en toi des questions et des certitudes, des doutes et des objections. Troublé, tu ne peux qu’en ressortir grandi. C’est ça, l’art de Karolina Koryl. C’est l’art qui fait grandir.

Instagram : https://www.instagram.com/karolinakoryl/

Son site : http://karolinakoryl.tictail.com/

 

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Par Clémentine Pons

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"Pain sur table n'a pas de maître"

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