Les jeux de matière de Juliette Montier

14/06/2017

Juliette Montier est une jeune artiste autodidacte. De Berlin à Lyon, de la peinture à l’huile au plexiglas, son truc à elle ? Les matières. Et pas n’importe quelles matières, celles qui laissent des traces.

 « Certaines choses me préoccupent beaucoup dans la vie, en particulier ce qui laisse une marque dans l’individu, dans la matière ».

 

Je suis allée à sa rencontre, afin qu’elle puisse nous en dire un peu plus sur son travail de plasticienne.

 

Hello Juliette, peux-tu nous parler brièvement de ton parcours ?

Oui, bien sûr. Alors j’ai commencé par la photographie argentique à l’âge de 15 ans. J’ai commencé à peindre quatre ans plus tard, quand je vivais à Berlin et depuis, je n’ai plus arrêté. La vie d’artiste s’est imposée à moi mais j’ai mis un certain temps à assumer ce que je voulais dire et à exposer.

 

Pourquoi avoir choisi d’exposer tes œuvres à La Taverne Gutenberg ?

Je suis l’aventure de La Taverne depuis le début ! Je suis venue ici dans le cadre de la première exposition collective en octobre 2015 pour y faire une installation éphémère in-situ. Je trouve l’idée de monter un lieu de création dans une bâtisse désaffectée en mode « on vient squatter » hyper intéressante. Rendre le lieu visible, autrement …

 

 

Je suis aussi venue exposer ici l’année dernière les premiers portraits de ma série « sous la peau », dans le cadre de l’expo collective Paroles en Friche. Etre en résidence dans ces lieux, pour trois mois, prend donc tout son sens. Je suis ravie de pouvoir travailler ici sur la suite de « sous la peau » et proposer pendant cette période des créations éphémères.

 

 

Est-ce qu’en commençant une œuvre, tu sais à quoi va ressembler le résultat ?

Ça dépend, il y a une force de l’aléatoire assez importante dans mon travail. Parfois je me laisse guider par la matière et me laisse une grande liberté. La base c’est soit une gamme de couleurs, soit des matériaux. Ensuite, je peux me laisser surprendre. Tout est question d’équilibre entre contrôle et aléatoire.

 

J’ai vu que ce n’était pas la première fois que tu collabores avec un autre artiste. Que retiens-tu de tes collaborations passées ?

 Le point commun que je remarque entre mes trois collaborations passées, c’est le duo. Être dans une forme de questions-réponses, dans un univers partagé à deux, est pour moi très porteur. Avec Tang, j’ai réalisé une série de peintures à quatre mains, on travaille ensemble la matière pour faire apparaître naturellement des visages féminins. Avec Claire Daudin, on a créé ici l’installation « pièces intérieures » et nous continuons à travailler ensemble sur « traitements de fond » dans des lieux en transformation.

 

 

Avec Max Lavegie, nous avons écrit des textes pour accompagner les premiers portraits de « sous la peau ». De cette collaboration est née un recueil en édition limitée et des performances où, lui est à la guitare et moi à la lecture. Ce fut ma toute première collaboration, celle qui m’a aussi donné envie de remettre le couvert ! Aller chercher la sensibilité de l’autre et trouver un chemin commun sur un sujet que nous partageons… Croiser nos regards pour parler d’aujourd’hui… Laisser ses peurs de côté et s’ouvrir pour travailler en sincérité…

 

Peux-tu nous expliquer quelle importance tu donnes aux sonorités ?

 J’ai l’impression qu’en créant des œuvres sonores je continue à peindre, juste autrement. Pour moi, les couleurs sonores sont du même ordre que les couleurs physiques. J’ai toujours été très marquée par les ambiances sonores. Sur ma toile, je tente de représenter ce qui n’est pas visible.

 

 

Je souhaite faire la même chose avec le son. J’ai envie de continuer à apprendre, à me surprendre, à expérimenter et à m’amuser. Si tu ne prends pas de risques, tu restes toujours dans la même expression.

Quand tu veux quelque chose, tu essaies, tu testes et si t’as des choses à dire, ça ne peut que marcher. Je cherche autour de la trace, dans la matière que je donne à voir.  Et aussi la marque que peuvent laisser des œuvres plastiques ou sonores dans l’esprit.

 

 

Lors de notre Extra! Nuits Sonores, Juliette a créé en live une œuvre sonore expérimentale, en collaboration avec le musicien Mettani. Les sonorités des matériaux utilisés par la plasticienne seront interprétées et transformés pour obtenir une œuvre plastique et sonore éphémère. L’élément principal qui était utilisé pour créer du son était une couverture de survie…

 

Site : http://www.juliette-montier.com

Facebook : Juliette Montier

 

Je veux voir ça demain

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Par Margot Brunet-Debaines

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"La créativité c’est percer le banal pour trouver le merveilleux."

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