Ron Gallo

08/05/2017

Ron Gallo

Originaire de Philadelphie où il officiait chez Toy Soldiers (un obscur groupe de rock americana), grand bien en a pris à Ron Gallo de descendre prendre l’air du Sud pour poser ses valises – et sa Fender Jaguar rouge – à Nashville.

Pour tous les largués de la Sainte Histoire de la gratte, Nashville a vu défiler dans ses studios nombre de grands musiciens dont Elvis, Dylan, Johnny Cash ou Jack White. Autant dire de quoi foutre la pression à n’importe quel jeune loup du rock fraîchement débarqué en ville. Mais le défi n’a pas intimidé le bonhomme, qui a dévoilé le 2 février dernier son premier album solo : le survolté « Heavy Meta » chez New West Records.

Ron Gallo1

Il faut reconnaitre qu’avec ses sapes rétros, ses lunettes noires et cet afro tout à fait maîtrisé, le gaillard a la gueule de l’emploi. Accompagné par deux acolytes de galère, Joe Bisirri à la basse et Dylan Sevey à la batterie, Ron Gallo produit un petit bijou électrique de 11 titres pur jus des US.

Efficace et nerveux, « Heavy Meta » est un condensé de tout ce que l’Amérique a de plus rock’n’roll. Ici le hot-dog est roi, la bière chaude coule à flot et les cow-boys ont ressorti leurs colt 45.

Premier titre -et tube- de l’album, « Young Lady you’re scaring me » est une bonne entrée en matière pour se faire une idée de ce que la bête a dans le ventre. Catchy à souhait, le trio délivre un bon morceau garage rock mêlé de blues-punk.

 

Un parti pris qui sert de fil conducteur au reste de l’opus, traversé parfois d’éclairs psychédéliques (« Kill the medecine man ») ou de rythm’n’blues endiablé pour les plus danseurs d’entre nous (« Please Yourself »). Mais pas de panique, Ron est aussi un cœur tendre et sait se faire plus lancinant si tu es plutôt adepte du slow avec « Started a war ».

Ron Gallo Heavy

Et puisque nous ne sommes pas avares de compliments, ajoutons que le lascar a la plume sacrément bien affutée. En bon cynique assumé, Gallo rentre dans le lard et ne fait pas dans la demi-mesure.

Avec l’humour grinçant du vétéran désabusé par ses contemporains, il dresse un portrait peu flatteur du quotidien de Monsieur et Madame tout le monde, coincés dans leur routine dégénérative.

Ron Gallo guitar

La culture se meurt, les parents élèvent mal leurs gosses, les gens se défoncent aux médocs’ pour oublier et les bons artistes perdent leurs illusions. Une société bien mal en point, à laquelle le malicieux Ronny pose d’ailleurs une question existentielle que nous nous posons tous : « Why do you have kids ? / Why did you make children ? ».

Bref, « Heavy Meta » ça claque et ça fait du bien. Et surtout ça rassure sur un point : non mes amis, « Rock’n’roll is not dead », et il a encore de beaux jours devant lui.

« Why do you have kids ? » Live session Audiotree

Facebook : Ron Gallo

Bandcamp : https://rongallo.bandcamp.com/

Site : http://rongallomusic.com/

 

Ron gallo band

 

Je veux voir ça demain

12

Par Ellora Possenti

16 articles

""

share

random

prev

next