Urban Art Jungle Festival #3 :  » On a toujours des âmes d’enfants, c’est ce qui nous fait vivre « 

09/08/2017

Du 1er au 3 septembre prochain, le crew Superposition récidive en organisant la troisième édition de son festival Urban Art Jungle. Toujours dédié à l’art urbain et à la découverte de talents locaux, le festival s’installe au Croiseur (7e) cette année. Sur les trois jours, 4000 curieux sont attendus.

Au programme : ateliers interactifs (initiation au graff, pochoir,  céramique), marché des créateurs, animations, surprises… Dès 22h, le festival passe en mode nuit, avec un beau plateau d’artistes électroniques. On te dévoile d’ailleurs la line-up du vendredi en exclu !

Pour en savoir plus sur ce joyeux bordel, La Salopette a rencontré Orbiane, co-fondatrice de Superposition et présidente du festival.  

  • Peux-tu m’en dire plus sur la naissance de l’Urban Art Festival ?

On voulait créer un univers qui permette d’enchanter à la fois le public, les artistes, de réunir en un même lieu toutes les initiatives culturelles, musicales et artistiques qui se font à Lyon.

Donc quoi de mieux qu’un village éphémère, le temps d’un weekend ? Il fallait que ce soit un peu différent de ce qui se fait déjà. Notre inspiration s’est tournée vers nos rêves de gosse, en imaginant une manière de partir en vacances sans quitter la ville. Chez Superposition, on a toujours des âmes d’enfants, c’est ce qui nous fait vivre !

Alors on a donné vie à un petit monde parallèle où il se passe plein de choses, qui éveillent tes sens et font appel à toutes tes facultés. De là a germé l’idée de mélanger tous types d’arts urbains : les arts plastiques mais aussi la musique, le théâtre…

Si tu devais résumer en quelques mots la philosophie et les valeurs de l’Urban Art Jungle ?

C’est un festival qui cherche à surprendre, émerveiller et susciter des interrogations. Mais aussi ouvrir de nouvelles portes. Pousser les gens à être curieux, à aller au contact des artistes et de tout ce vivier créatif et associatif qui fait bouger la ville.

Cette année le festival se passe au Croiseur. Comment faites-vous le lien entre ce lieu ancien qui est aussi une école de théâtre, et les cultures urbaines ?

L’endroit où se sont tenues les deux premières éditions est en travaux. Sachant qu’on est en recherche constante de lieux surprenants, le Croiseur est arrivé assez naturellement.

Après, l’idée est de d’attirer une fois encore l’attention du visiteur sur un lieu où il n’a pas l’habitude d’aller. On aime bien les bâtiments en transition, leur donner une identité différente le temps d’un week end. Le Croiseur, en plus d’être un lieu super chouette et rarement ouvert au public, c’est aussi une école de théâtre avec une valeur culturelle et un lieu chargé d’histoire pour les lyonnais. Ils se sont battus pour garder leur local et leurs subventions, toute une lutte s’est mise en place. C’était aussi une manière d’y participer. L’identité du lieu se nourrit de l’identité du festival et vice-versa.

Du coup,  les artistes vont graffer directement sur les murs ?

Si ça ne tenait qu’à moi, je repeindrais tout le bâtiment ! Malheureusement c’est un lieu en activité, on ne peut pas « défoncer » tous les murs. Mais on va installer de grands panneaux pour que les artistes puissent s’exprimer. Pour l’édition précédente, on avait peint à même les murs, et les repreneurs ont voulu qu’on recouvre tout en blanc. C’est frustrant pour les artistes et pour nous, mais on compose avec son environnement !

Quels sont tes coups de cœur de la programmation de cette année ?

Sur cette édition, on a 44 DJ et musiciens, une vingtaine de plasticiens et une dizaine d’ateliers animés par des artistes. J’ai essayé de programmer 50% d’artistes réguliers qui nous soutiennent depuis le début et 50% de petits nouveaux.

J’ai plusieurs coups de cœur, Mr.Sphinx, Chufy, Tarek qui sont déjà passés par la galerie. Je suis aussi super contente de présenter les photographes Jérôme Poulalier et Yoan Derycke, qui bosse à l’argentique. On peut aussi compter sur Poter et sur Wenc, un artiste génial qui a récemment refait la façade de In-Sted avec Théo Haggai.

Au niveau musical, quel est le programme pour cette année ?

On essaye de ne pas tomber dans le cliché du festival de street-art qui ne fait que du hip hop. Ce n’est pas forcément notre truc. Donc les programmations jour sont plus axées world et ambient. Le soir on est plus sur de la house/électro, sans tomber dans la grosse techno.

On privilégie la musique vivante, qui te fait groover et te donne envie de bouger ton corps.

Au niveau des noms, il y a déjà Sinaï, Stepanov et Erevan, qui sont nos DJ attitrés, nos résidents. Ensuite , la line-up de vendredi soir : on commence à 22h avec Erevan qui fera l’opening, ensuite Notte Brigante le projet de Jutix et Thomas B., et on termine par Stakhan de Tunnel Vision.

Sinon on a aussi Wyatt, Fidel Disto de la Chaudière, César et Jason qui seront là. Midnight Sofa viendra faire un live chant/clavier sur une journée.

Quel type de public visez-vous ?

La cible de 4 à 77 ans n’est pas une blague. Sur les journées le public est mixte, on a autant des familles avec enfants et grands parents que des étudiants. Et tant mieux, car l’idée est aussi de démocratiser l’art, qui reste pour certains assez inaccessible. On développe des ateliers où tout le monde peut participer. Les petits, ça les éclate de tenir une bombe, les plus anciens se prennent aussi au jeu. Le fait que l’art urbain soit médiatisé est plutôt récent, donc les gens sont curieux.

D’ailleurs, comment tu penses que le street art est perçu par le grand public ?

Je pense que la démocratisation du street art est une excellente chose. Plus le public  s’émeut pour cette pratique, plus ça va faire bouger les choses en terme de législation. Une ville toute fade avec des façades noires et blanches, je trouve ça triste. Nous, on se bat pour mettre de la couleur dans les rues, et Lyon reste un petit peu à la traîne. Les mentalités évoluent favorablement, et c’est une excellente chose car ça permettra d’avoir plus d’espaces d’expression disponibles.

Quand on parle d’art urbain, on pense souvent « béton », « goudron ». Pourquoi cette idée de jungle ou d’oasis, d’un retour à la nature finalement ?

Parce qu’on est des animaux, on a tous besoin de vivre dans la jungle ! L’image ne fait pas forcément référence à une jungle au sens propre avec plein de plantes.  On invite les personnes à vivre une exploration, une aventure. Il y a une foultitude d’activités, les visiteurs ne vont pas s’intéresser aux mêmes choses. Ta jungle, tu l’expérimente à ta manière, tu en fais ce que tu en veux. On a tous besoin de cette part de rêve. C’est notre jungle urbaine à nous.

Et en 2025, comment penses-tu que l’art urbain au sens générique aura évolué ?

J’espère qu’il rassemblera encore plus de monde, que les personnes comprendront l’intérêt d’avoir des initiatives créatives. J’espère que la ville sera complètement colorée, qu’on se détende avec ces histoires d’attentats. Que les gens reprennent possession de leur ville, en fait, que les rues ne soient plus seulement un moyen d’aller d’un point A à un point B.

Mon plus grand souhait, c’est aussi de voir des artistes arriver à vivre de leur passion, parce qu’ils sont extrêmement doués. Je veux que tous ces artistes avec qui on travaille quittent leur job alimentaire, comme Théo Haggai qui a commencé à faire ses dessins sur des tickets quand il était caissier à Monoprix, ou Mr.Sphinx qui est pion dans un lycée. Je vais me battre pour ça. Et en 2025, j’y serais arrivée. Sinon je change de métier !

Pour les plus aventureux, Superposition organise une chasse au trésor urbaine à depuis fin juillet. Une centaine de bombes numérotées ont été cachées à des endroits stratégiques de notre belle ville de Lyon.

Ta mission ? Les retrouver et les rapporter à la galerie pour gagner ton pass days pour le festival. Des indices seront donnés sur la page Facebook Superposition. Ouvre l’œil.

Evènement Facebook : Urban Art Jungle #3

 

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Par Bastien Protière

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"Pas de problèmes, que des solutions"

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